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Primes rénovation Wallonie : ce qui change au 1er octobre 2026

Prêt aidé, saut de label, audit obligatoire : ce qui change selon le label de votre logement
17 juillet 2026 par
Primes rénovation Wallonie : ce qui change au 1er octobre 2026
Batinovo

Le Gouvernement wallon a approuvé ce 16 juillet 2026, en première lecture, les modalités du nouveau régime de soutien à la rénovation énergétique. Les primes laissent place à un prêt aidé, réservé aux logements les plus énergivores. Selon le label PEB de votre logement, vous êtes gagnant, perdant, ou vous avez dix semaines pour agir.

Échelle des labels PEB : les labels E, F et G restent soutenus par la Région wallonne à partir du 1er octobre 2026, les labels A à D ne le sont plus.

Source : Gouvernement wallon, 16/07/2026 — texte adopté en première lecture.

Voici ce qui a été décidé, et surtout ce que cela change concrètement pour vous.

Le contexte

Ce qui a été décidé le 16 juillet

Le nouveau régime entrera en vigueur le 1er octobre 2026. Il remplace le régime temporaire en place depuis le 14 février 2025.

Une précision de méthode, que peu de sources mentionnent : le texte a été adopté en première lecture. Il devra encore repasser devant le Gouvernement avant d'être définitif. Ce qui suit est donc solide sur les principes, et susceptible d'ajustements sur les détails.

Le Gouvernement wallon justifie cette réforme par les limites du système précédent : plus de 120 primes différentes qui se chevauchaient, des délais de traitement de deux ans, et un dérapage budgétaire d'un milliard d'euros. L'objectif affiché est double : simplifier, et concentrer les moyens publics sur les logements les plus énergivores.

Trois changements structurent la réforme :

1

Le soutien devient un prêt aidé.

Un seul outil remplace les primes.

2

Il se limite aux passoires énergétiques.

Avec obligation de gagner des labels.

3

L'audit logement reste obligatoire.

Pour y accéder — et son coût devient finançable.

Votre situation

Gagnant ou perdant : les trois cas de figure

Tout dépend du label PEB de votre logement. C'est le nouveau critère d'entrée, et il ne souffre aucune exception.

Trois situations selon le label PEB : label E, F ou G, vous restez soutenu ; label D, C, B ou A, vous perdez l'accès ; label inconnu, commencez par le certificat PEB.


Votre logement est en label E, F ou G : vous restez soutenu

Le soutien régional est réservé aux logements en label G, F ou E, à condition que les travaux fassent gagner des labels :

  • Un logement en G ou F doit atteindre au minimum le label D (ESPEC ≤ 340 kWh/m².an) ;
  • Un logement en E doit atteindre au minimum le label C (ESPEC ≤ 255 kWh/m².an).
Le saut de label : les logements G ou F doivent atteindre au minimum le label D, les logements E doivent atteindre au minimum le label C.

C'est ce que la Région appelle le « saut de label ». Autrement dit : les petits travaux isolés ne sont plus soutenus, seuls les projets de rénovation d'une certaine ampleur le sont.

Pour beaucoup de ménages dans cette situation, le nouveau régime sera plus avantageux que l'actuel. Nous détaillons les montants plus bas.

Votre logement est en label D, C, B ou A : vous perdez l'accès

C'est le point que peu de monde a relevé, et c'est le plus lourd de conséquences.

Aujourd'hui, un logement en label D peut bénéficier des primes Habitation. À partir du 1er octobre 2026, il n'aura plus accès à aucun soutien régional : il ne remplit pas le critère d'entrée, qui commence au label E.

Si votre logement est déjà en D ou mieux et que vous aviez un projet de rénovation énergétique, le régime actuel est votre dernière fenêtre. Et la règle est stricte pour la demande de prime directe : le SPW est explicite sur ce point — toute demande de prime, audit et travaux compris, ainsi que la facture finale, doit être introduite au plus tard le 30 septembre 2026. Ce n'est donc pas le lancement du chantier qui compte : il faut que les travaux soient terminés, facturés, et le dossier déposé avant cette date.

Il existe cependant une option pour sécuriser les conditions actuelles sans précipiter le chantier : passer par le Rénopack. Ce prêt à taux zéro de la SWCS fonctionne différemment de la demande de prime directe — c'est la date d'immatriculation du dossier (audit, devis, justificatifs de revenus téléchargés dans l'application AppiCredit) qui fixe les conditions applicables, pas la date de fin de chantier. Un dossier complet immatriculé avant le 30 septembre conserverait donc les conditions actuelles, même si le crédit est signé plus tard et que les travaux s'étalent sur les deux années suivantes. C'est un mécanisme que la SWCS a déjà appliqué lors des précédentes réformes (2023, février 2025) et documenté comme tel sur son propre site. Nous n'avons pas encore de confirmation officielle datée pour cette échéance précise du 30 septembre 2026 ; nous mettrons à jour dès qu'elle sera disponible.

Vous ne connaissez pas votre label : c'est le point de départ

Sans label PEB, vous ne pouvez pas savoir dans quelle catégorie vous vous situez — donc ni quel régime s'applique, ni s'il y a urgence.

Le label PEB de votre logement figure sur son certificat PEB. Si vous n'en avez pas, ou s'il date d'avant des travaux significatifs, c'est par là qu'il faut commencer. C'est une démarche courte et peu coûteuse, et elle conditionne tout le reste.

Le financement

Comment fonctionnera le nouveau soutien

Un seul outil, le prêt, structurera l'aide régionale, en deux axes.

Le Rénopack : prêt à taux zéro, avec une part non remboursable

Le Rénopack est un prêt à taux zéro assorti d'une réduction du montant à rembourser, que la Région elle-même qualifie d'assimilable à une subvention. Il concerne les catégories de revenus C1, C2 et C3.

Catégorie de revenus Taux Part non remboursable
C1 — jusqu'à 28.900 €0 %50 %
C2 — de 28.900,01 € à 41.100 €0 %40 %
C3 — de 41.100,01 € à 67.100 €0 %15 %
C4 — de 67.100,01 € à 122.800 €Variable0 %

Montants indexés au 1er janvier 2026. Une réduction de 5.000 € par personne à charge s'applique au montant des revenus imposables. Les pourcentages incluent une majoration de 5 % pour l'utilisation d'écomatériaux.

Concrètement : un ménage en C1 qui emprunte 75.000 € en voit 37.500 € effacés. Ce n'est donc pas la fin de l'argent non remboursable — c'est un changement de véhicule.

Le Rénoprêt : pour la catégorie C4, les bailleurs et les copropriétés

Le Rénoprêt est un prêt à taux, fonction de la catégorie de revenus. Il est réservé à la catégorie C4, aux propriétaires-bailleurs et aux associations de copropriétaires. La part non remboursable y est de 0 % : c'est un prêt à taux préférentiel par rapport aux conditions bancaires du marché, sans subvention.

Le Rénoprêt peut afficher un taux zéro dans deux cas particuliers : les travaux d'adaptation du logement au handicap, et les travaux de réhabilitation rendus nécessaires après une calamité naturelle reconnue.

Ce qui change d'autre

  • Le montant empruntable passe à 75.000 € pour une maison unifamiliale, contre 60.000 € aujourd'hui.
  • L'aide est calculée globalement sur l'ensemble des travaux éligibles du projet — toiture, isolation, châssis, chauffage — et non plus poste par poste.
  • La liste des travaux éligibles reste la même, avec un ajout : les protections solaires.
  • Vous n'avancez plus l'argent des travaux. C'est un changement pratique majeur : le régime actuel oblige à payer puis à attendre le remboursement de la prime. Le nouveau système finance en amont.
  • L'enveloppe budgétaire sera fixée chaque année dans le décret budgétaire. Le soutien n'est donc plus illimité : il dépendra du budget voté pour l'exercice.

Ce qui ne change pas

Ce qui ne change pas : l'audit reste obligatoire

C'est la continuité la plus importante pour les propriétaires.

Pour accéder aux prêts, les ménages devront impérativement réaliser un audit préalablement aux travaux. La Région le justifie par son rôle de planification : identifier les travaux prioritaires, ordonner les étapes, et éviter qu'un investissement n'en empêche un autre plus tard.

Deux nouveautés positives :

  • L'audit fait partie des investissements éligibles : son coût pourra être intégré au financement.
  • Pour les ménages en catégorie C1, l'expertise énergétique réalisée dans le cadre de l'octroi d'un Rénopack pourra valoir pour audit.

En clair : l'audit logement reste la porte d'entrée du soutien régional, avant comme après le 1er octobre.

Copropriétés

Appartements et copropriétés : un volet à part

Le régime est adapté aux immeubles à appartements.

  • Parties privatives : chaque logement peut bénéficier d'un financement (Rénopack ou Rénoprêt) jusqu'à 60.000 €, sous réserve que les revenus du ménage n'excèdent pas 122.800 €.
  • Parties communes : les associations de copropriétaires pourront obtenir un prêt à taux zéro jusqu'à 60.000 € par logement, avec un plafond global de 600.000 € pour les copropriétés de moins de 20 lots, et 750.000 € à partir de 20 lots.

Les travaux en parties communes devront s'appuyer sur un audit spécifique aux immeubles à appartements et suivre ses recommandations.

L'accompagnement

Un accompagnement réorganisé

La Région veut créer un « parcours du rénovateur », structuré autour de guichets uniques et de trois niveaux d'accompagnement : information et conseils, accompagnement personnalisé, ou prise en charge quasi complète du projet avec suivi de chantier.

Dès le 1er octobre 2026, ce dispositif s'appuiera sur les structures existantes. À partir du 1er janvier 2028, la future Agence wallonne de l'Habitation le pilotera, avec un système d'agrément des opérateurs.

Ce qui n'est pas encore tranché

Le texte n'a été adopté qu'en première lecture. Cela signifie qu'il doit encore suivre son parcours — avis des instances consultatives, seconde lecture au Gouvernement — avant publication. Les modalités décrites ici sont celles approuvées le 16 juillet ; elles peuvent évoluer d'ici l'entrée en vigueur.

Règle du 30 septembre, le SPW précise sans ambiguïté : la demande de prime ainsi que la facture finale doivent être introduites au plus tard le 30 septembre 2026. Ce n'est pas la date de commande des travaux qui compte, mais celle de leur achèvement facturé et du dépôt du dossier.

Prochaine étape

Que faire maintenant

  • Logement en E, F ou G : pas d'urgence artificielle. L'audit reste la porte d'entrée sous les deux régimes, et le nouveau peut vous être plus favorable. Prenez le temps de bien préparer votre projet.
  • Logement en D ou mieux : le régime actuel se termine le 30 septembre 2026. Pour une demande de prime directe, la règle est stricte — travaux terminés, facture finale et demande déposée avant cette date. Pour ne pas précipiter le chantier, le Rénopack offre une porte de sortie : un dossier immatriculé à temps chez la SWCS conserverait les conditions actuelles, travaux réalisables sur les deux années suivantes.
  • Label inconnu : commencez par le certificat PEB. Il détermine à quel régime vous avez accès.

Vous avez un doute sur votre situation ? Écrivez-nous : nous vous dirons ce qui s'applique à votre logement.

Questions fréquentes

L'audit logement sera-t-il encore obligatoire après le 1er octobre 2026 ?

Oui. Pour accéder aux prêts du nouveau régime, les ménages devront impérativement réaliser un audit préalablement aux travaux. L'audit fait par ailleurs partie des investissements éligibles : son coût pourra être intégré au financement.

Mon logement est en label D. Aurai-je encore droit à un soutien après le 1er octobre 2026 ?

Non. Le soutien régional est réservé aux logements en label G, F ou E. Un logement déjà en D, C, B ou A ne remplit pas le critère d'entrée. Le régime actuel reste la dernière fenêtre pour ces logements, à condition que les travaux soient terminés, la facture finale émise, et la demande introduite au plus tard le 30 septembre 2026.

Qu'est-ce que le « saut de label » ?

C'est l'obligation, pour être soutenu, que les travaux fassent gagner des labels au logement. Un logement en G ou F doit atteindre au minimum le label D (ESPEC ≤ 340 kWh/m².an). Un logement en E doit atteindre au minimum le label C (ESPEC ≤ 255 kWh/m².an).

Les primes disparaissent-elles complètement ?

Non, elles changent de forme. Le Rénopack est un prêt à taux zéro dont une part n'est pas à rembourser : 50 % pour la catégorie de revenus C1, 40 % pour C2, 15 % pour C3. Seule la catégorie C4 n'a pas de part non remboursable.

Combien peut-on emprunter ?

Jusqu'à 75.000 € pour une maison unifamiliale, contre 60.000 € sous le régime actuel. Pour les appartements, le financement va jusqu'à 60.000 € par logement en parties privatives.

Comment connaître le label PEB de mon logement ?

Il figure sur le certificat PEB du logement. Si vous n'en avez pas, ou s'il est antérieur à des travaux significatifs, il faut en établir un nouveau.

Puis-je sécuriser les conditions actuelles sans terminer mes travaux avant le 30 septembre ?

Potentiellement oui, via le Rénopack. Contrairement à la demande de prime directe, ce prêt à taux zéro de la SWCS fixe les conditions applicables à la date d'immatriculation du dossier, pas à la date de fin de chantier. Un dossier complet immatriculé avant le 30 septembre conserverait les conditions actuelles, avec deux ans après la signature du crédit pour réaliser les travaux. Ce mécanisme est précédenté par la SWCS ; nous n'avons pas encore de confirmation officielle datée pour cette échéance 2026 précise.

Informations vérifiées au 17 juillet 2026. Le texte a été adopté en première lecture le 16 juillet 2026 ; il n'est pas définitif. Sources : communiqué du Gouvernement wallon du 16/07/2026 et communiqué de la Ministre de l'Énergie du 16/07/2026.

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